
Pourquoi suis-je toujours attirée par le même type de personnes ? Un éclairage psychanalytique par le cabinet de psychanalyse Yvonne Renault à Nice.
21 08 2026
Vous enchaînez les relations et, à chaque fois, le même scénario semble se rejouer. Même profil de partenaire, mêmes déceptions, mêmes blessures. Ce n’est pas un hasard : la psychanalyse a beaucoup à dire sur ce phénomène, souvent appelé « répétition ».
Un constat que beaucoup partagent.
En tant que psychanalyste à Nice, j’entends très régulièrement ce constat en séance. « Je tombe toujours amoureuse du même genre d’homme », « j’attire systématiquement des partenaires indisponibles », « je reproduis sans cesse le même schéma ». Ces phrases reviennent très souvent en cabinet. Derrière ce sentiment de fatalité amoureuse se cache un mécanisme psychique précis, que la psychanalyse permet d’éclairer et, surtout, de transformer.
La compulsion de répétition : rejouer pour comprendre.
Sigmund Freud a mis en évidence un mécanisme central du psychisme : la compulsion de répétition. Sans que nous en ayons conscience, notre psychisme cherche à rejouer des situations émotionnelles anciennes, en particulier celles qui n’ont pas trouvé de résolution satisfaisante.
Ce n’est pas du masochisme, ni un manque de volonté. C’est une tentative — souvent maladroite — de maîtriser après coup une situation vécue passivement dans l’enfance. Si un lien affectif précoce a été marqué par l’absence, l’indisponibilité ou l’ambivalence d’une figure parentale, le psychisme peut chercher, à l’âge adulte, à recréer des conditions similaires, dans l’espoir inconscient d’obtenir enfin ce qui a manqué.
Le choix d’objet amoureux : une empreinte inconsciente.
En psychanalyse, on parle de choix d’objet pour désigner la façon dont chacun sélectionne ses partenaires amoureux. Ce choix n’est jamais totalement libre ni rationnel : il est guidé par des images parentales, c’est-à-dire des représentations inconscientes construites à partir des premières relations affectives, notamment avec le père et la mère.
Ainsi, une personne peut être attirée, sans le savoir, par des traits qui rappellent un parent aimé mais aussi frustrant : une certaine froideur, une indisponibilité émotionnelle, une intensité instable. L’attirance ne se joue pas au niveau conscient du « il/elle me plaît physiquement » mais à un niveau beaucoup plus archaïque, celui des toutes premières relations d’attachement.
Le rôle de la scène œdipienne.
La théorie freudienne du complexe d’Œdipe éclaire également ce phénomène. La façon dont l’enfant a négocié son attachement à ses deux parents, la rivalité, l’amour et l’interdit qui structurent cette période, laissent une empreinte durable sur la vie amoureuse adulte. Certains schémas de répétition — attirance pour des partenaires « interdits », pris, indisponibles ou en couple — peuvent trouver là une part de leur origine.
Le transfert : rejouer le passé dans le présent.
Le concept de transfert, central en psychanalyse, ne concerne pas uniquement la relation avec l’analyste : il opère dans toutes nos relations affectives. Nous transférons sur nos partenaires actuels des attentes, des peurs et des désirs issus de nos relations passées, en particulier des premières relations familiales.
C’est ce transfert qui explique pourquoi une personne peut ressentir, dès les premiers échanges avec un·e inconnu·e, une familiarité troublante, une intensité immédiate — signe, bien souvent, que quelque chose d’ancien vient se rejouer dans le présent.
Pourquoi ces schémas sont-ils si difficiles à repérer seul·e ?
Par définition, ces mécanismes sont inconscients. Ils échappent à la volonté et à l’introspection ordinaire. On peut analyser sa vie amoureuse en surface — dresser la liste des points communs entre ses ex — sans pour autant comprendre pourquoi ces figures nous attirent, ni parvenir à modifier durablement ce schéma. C’est précisément là que le travail analytique prend tout son sens.
Ce que la psychanalyse permet de faire.
Un travail psychanalytique ne vise pas à « corriger » ses goûts amoureux, mais à comprendre le sens inconscient de ces répétitions. Il permet notamment :
- de retracer le lien entre les schémas actuels et l’histoire infantile ;
- de mettre en mots des affects et des scènes qui n’avaient jamais été élaborés ;
- de repérer le fonctionnement du transfert dans les relations présentes ;
- de retrouver une marge de liberté psychique, là où le sujet se sentait déterminé par la répétition.
Ce travail est lent, car il touche à des couches profondes du psychisme. Mais il ouvre la possibilité, avec le temps, de faire des choix amoureux moins dictés par la répétition inconsciente et plus habités par le désir propre du sujet.
Questions fréquentes.
La répétition amoureuse concerne-t-elle uniquement les relations « toxiques » ?
Non. Elle peut aussi concerner des schémas plus discrets : peur de l’engagement, difficulté à choisir un partenaire disponible, sentiment répété d’ennui ou, à l’inverse, recherche systématique d’intensité et de drame.
Peut-on vraiment sortir de ces schémas ?
Oui. Le travail analytique ne garantit pas de « changer de type », mais il permet de comprendre ce qui, inconsciemment, se rejoue, et donc de retrouver un espace de choix là où l’on se sentait auparavant agi par une force répétitive.
Faut-il attendre une nouvelle rupture pour consulter ?
Non, bien au contraire. Interroger ce schéma en dehors de toute crise, à froid, permet souvent un travail plus posé et plus approfondi.
Vous vous reconnaissez dans ces répétitions amoureuses et souhaitez en comprendre l’origine ? Un accompagnement psychanalytique, à mon cabinet de psychanalyse à Nice peut vous aider à mettre du sens sur ces schémas et à retrouver une liberté de choix dans votre vie affective. N’hésitez pas à me contacter pour en discuter.